Banque : les fonctions commencent à changer de support

UniCrédit, Revolut, SAP, Visa ; derrière la recomposition bancaire en cours, une autre transformation s'engage. Paiements, et règlements commencent à emprunter de nouveaux circuits. Qui en maîtrisera les conditions d'accès et d'exécution?

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Banque : les fonctions commencent à changer de support


En octobre 2026, deux mouvements illustrent la recomposition bancaire européenne. UniCredit obtient de la BCE l’autorisation d’accroître sa participation dans Commerzbank, étape importante d’une prise de contrôle encore à finaliser. Revolut, titulaire depuis août d’une licence bancaire française, prépare la migration progressive de ses clients vers sa nouvelle entité.

Ces deux mouvements concernent les acteurs. Un troisième, moins visible, concerne les fonctions elles-mêmes.

Paiement, règlement, financement, distribution, analyse : plusieurs fonctions historiquement regroupées dans l’institution bancaire peuvent désormais être exécutées sur d’autres supports ou articulées avec de nouveaux intermédiaires.

Les annonces d’octobre donnent une consistance nouvelle à ce déplacement.

Avec SAP Pay et le partenariat Tereina–Circle, le paiement pourrait être davantage piloté depuis le logiciel de gestion de l’entreprise. L’ERP connaît déjà les commandes, les factures et les échéances. Il pourrait aussi devenir un point d’accès à différents instruments de règlement, dont les stablecoins USDC et EURC. L’intégration est annoncée ; son adoption à grande échelle reste à démontrer.

Visa Direct franchit une autre étape. Avec Inyo Global, le préfinancement de certains paiements internationaux en USDC entre dans une première phase de production commerciale. Le stablecoin peut intervenir dans la circulation de la valeur sans être nécessairement l’instrument reçu par le bénéficiaire.

Le changement est donc plus profond qu’une nouvelle concurrence entre banques, fintechs et plateformes. Ce qui était contenu dans l’institution commence à pouvoir circuler entre plusieurs systèmes.

Pour une entreprise industrielle, cette évolution pourrait modifier le choix des circuits de paiement : coûts, devises, délais, liquidité, disponibilité et conformité. Mais qui définirait les critères de sélection ? Et quelle capacité conserverait-elle à changer de circuit ou de partenaire ?

Le sujet stratégique devient alors moins : qui remplacera la banque ? que : quelles fonctions resteront attachées à la banque, lesquelles changeront de support, et qui contrôlera les nouveaux points de passage ?

STATUT — Mouvement engagé, adoption à documenter

Les architectures restent hybrides. Banques, logiciels, réseaux de paiement et instruments tokenisés ne se substituent pas encore les uns aux autres : ils commencent à se recombiner.

Le signal à suivre concerne désormais les intégrations effectives, les usages mesurables et la capacité des entreprises à conserver la maîtrise de leurs circuits.